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 Les bijoux de la royauté

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Isilia
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MessageSujet: Les bijoux de la royauté   Sam 21 Juil - 17:11

salut! j'ai commencé une fic et je viens la poster!!!Alors j'espère que ça vous plaira et laissez des commentaire please!!


Prologue

Tu as un futur, mais tu n’as pas d’avenir!


On m’as dit cela un jour, je n’ai jamais pu l’oublier. Enfin, personne ne me l’a dit, c’était simplement un rêve. Mais le fait que je me souvienne de tout les détails, de l’endroit ou j’étais jusqu’à la saison en passant par la température qu’il faisait, me porte à croire que ce n’était pas un rêve ordinaire. Malheureusement, ou peut-être pas, je n’ai jamais pu identifier l’homme qui avait parler. Depuis peu de temps, je me dis que ce devait être une sorte d’avertissement de la part de mon subconscient. Pourquoi cette pensée? Je n’en ai aucune idée. Peut-être est-ce parce que je n’ai effectivement pas d’avenir.
Ça se pourrait. Après tout, je suis la fille chérie du roi.

Soit maudite! m’as-t-on crié le jours de mes dix ans. Ma meilleure amie, la seule d’ailleurs, s’était montrée extrêmement jalouse car mes parents m’avaient offert un kirax. Pourtant, c’était, avec le palais dans lequel j’habitais, la seule chose qu’elle pouvait m’envier. Elle avait tout, sauf le titre tant désiré de princesse. Elle était ravissante avec ses longs cheveux brun et ses yeux en amande d’un profond vert forêt, mais elle avait toujours voulu avoir des cheveux blonds et soyeux comme les miens. Mon père n’aurait pas voulu que son unique fille aie une amie qui paraisse mal, alors il était devenu ami avec le père de cette enfant gâtée, à peine moins que moi et c’était arrangé pour que nous devenions amies.
Et depuis ce jour où elle m’a maudite, je n’ai jamais eu d’autres amis, à part mon kirax adoré bien sûr. Je n’aurais jamais pu tenir le coup sans ma précieuse boule de poils qu’était Kristanelle.

Un jour, par contre, je me suis sérieusement demandé si une gamine pouvait vraiment m’avoir lancé une malédiction…

Chapitre 1

À l’aube de ma vie


Un léger courant d’air chassait mes cheveux de mon visage blême. Kristanelle était couchée en boule au bout de mon lit et elle me regardait avec ses grands yeux bleus. Un rayon de soleil apparaissait par la fenêtre et rendait sa fourrure blanche aveuglante. Je ne pus m’empêcher de sourire en la voyant. Malgré sa vieillesse, elle paraissait renaître à chaque jour, c’était une faculté des kiraxs de toujours avoir un air de jeune félin voulant jouer à tout moment. Elle était petite pour un kirax, seulement un pied et demi de haut et deux de long.
Je me levai, Kristanelle sauta du lit en un bond gracieux. J’enlevai ma chemise de nuit bleue et enfilai ma plus belle robe verte, c’était un grand jour pour moi et mon père m’avait fait comprendre que je devais mettre cette robe. Je me regardai dans l’immense glace qui atteignait le plafond, le vert faisait ressortir mes grands yeux bleus comme aucune autre couleur. Je remontai mes cheveux en une coiffure compliquée derrière ma tête. Je ne mis aucun bijou, mes parents m’offraient à chaque année un ensemble merveilleux de joaillerie et ils ne feraient certainement pas exception cette année.
Je me dirigeai vers la fenêtre, Kristanelle sur mes talons. Je n’étais même pas encore arrivée qu’elle s’élançait déjà à travers les différents toits pour atteindre le merveilleux jardin qui se situait en bas du château.
Je regardai au loin la ville qui s’éveillait, les marchands installaient leur marchandise et les enfants couraient partout dans les rues. Je pouvais descendre dans les rue d’Alagir mais j’étais toujours accompagnée par trois soldats qui ne me laissaient pas une seule seconde libre. J’aurais tant voulu y aller pour entrer dans des pubs ou des magasins autres que des bijouteries afin de rencontrer de nouvelles personnes et avoir une conversation avec quelqu’un qui n’habitait pas dans le palais, mais autant espérer attraper un Zigar à main nue!
J’observai Kristanelle qui était en position de chasse. Cachée derrière un bosquet de rose, les yeux rivés sur le lapin qui se lavait non loin d’elle, je me trouvai chanceuse d’avoir un kirax aussi formidable, mais en fait, j’étais chanceuse tout simplement parce que j’avais un kirax. Elle plongea sur sa proie qui n’eut à peine le temps de se rendre compte de ce qui lui arrivait avant de sombrer dans l’autre monde. Je souris et me retournai. Je m’aperçut alors qu’il y avait un mot sur ma porte. Je m’approchai et décrochai le petit papier du chêne massif. C’était un mot de mon grand frère Perrychiel :

Joyeux anniversaire sœurette!
Maintenant tu es une grande fille et tu pourras te marier!
Je te souhaite une excellente journée!

Ton grand frère, Perry



J’eus un grand sourire, définitivement, mon anniversaire commençais bien cette année. Perrychiel était le seul membre de la famille que j’appréciais vraiment. Il me comprenais parce que lui non plus n’aurais jamais de réel pouvoir. Étant donné qu’il était le cadet de la famille, il ne deviendrais jamais roi, à moins que mon autre frère, Lurichiel, ne meurt avant d’accéder au trône.
Je cachai le petit message à un endroit sûr -mon corsage, je chaussai de petits soulier dorés qui s’agençaient magnifiquement bien avec les dorures de ma robe et mes cheveux, puis sortis dans le couloir. Je jetai un dernier coup d’œil pour m’assurer que la fenêtre était ouverte, parce que je ne voulais pas que Kristanelle soit enfermée dehors en plein automne.
Le couloir était si illuminé que je dû plisser les yeux un moment avant de pouvoir commencer à avancer. De grandes fenêtres se trouvaient à ma gauche, je pouvais voir Kristanelle manger tranquillement son festin. Entre chaque fenêtre se dressait une statue de marbre représentant un homme ou une femme nue. À ma droite, le mur était recouvert de splendides peintures et de portes faites du même chêne massif que celle qui donnait accès ma somptueuse chambre.
Je longeai le couloir jusqu’au balcon qui surplombait le hall d’entrée, un homme d’environ une vingtaine d’années aux cheveux noirs parlait avec le majordome. Il leva à peine les yeux pour me regarder lorsque je m’avançai, puis il continua sa conversation en chuchotant. J’étais un peu offusquée, car d’habitude, les personnes qui ne me connaissaient pas me regardaient avec admiration et envie, et en plus j’avais ma plus belle robe!
Je me dis qu’il devait être pressé et je continuai à avancer vers la salle à manger pour prendre mon petit déjeuner. En entrant, Perrychiel se leva et vint me serrer dans ses bras.
-Joyeux anniversaire Assah!
-Merci Perry.
Mon autre frère resta assis, mais au moins il me souhaita une bonne journée. Je lui rendai son sourire, on ne s’appréciait guère mais nous nous respections.
Mes parents n’étaient pas là.
-Où sont père et mère? demandai-je.
-Ils sont encore dans leur chambre, me répondit Lurichiel.
Je le remerciai et commençai mon repas tout en parlant de la pluie et du beau temps avec Perrychiel. Quand j’eus fini, je pris congé. Je me rendis à la bibliothèque, car je n’avais pas de cours de quoi que se soit ce jours là, en raison de mon anniversaire. Cela m’emplissait de bonheur, je détestais mes cours.
Je fouillai dans les rayons et finis par tomber sur un livre qui me semblait très intéressant. Je l’ouvris et commençai ma lecture.

Après quelques heure qui me parurent bien courtes, une servante entra dans la bibliothèque.
-Mademoiselle Assahira?
Je fis un saut et me tournai vers elle, l’interrogeant du regard.
-On vous demande à la salle à manger, le repas est prêt, finit-elle par me dire.
-Merci.
Elle s’éloigna. Je rangeai mon livre et retournai à la salle à manger qui se trouvait à l’autre extrémité du château.
Je poussai les grandes portes de chêne et entra dans la pièce. Cette fois, tout le monde était là, mes parents, mes frères et quelqu’un était allé chercher Kristanelle, parce qu’elle était assise près de ma chaise et elle me fixait, tout le monde me fixait d’ailleurs.
Je leur adressai un grand sourire et allai m’asseoir à ma place. Un serviteur présent vint tirer ma chaise pour que je puisse m’installer confortablement. Lorsque je fus assise, mon père se leva.
-Ma chère Assahira, commença-t-il sans remarquer la grimace que j’avais fait en l’entendant m’appeler ainsi, je te souhaite une très agréable première journée en tant que femme. Ce n’est pas à tout les jours qu’on a dix-huit ans et il faut en profiter. Sache que nous t’adorons tous et que ton bonheur est notre plus grand souci.
Je réussi à faire passer mon éclat de rire pour un toussotement. Comme s’il avait déjà pris le temps de penser à ce qui me ferait vraiment plaisir.
-Alors, avant de commencer à manger, je voulais te souhaiter un très joyeux anniversaire et un bon avenir! finit-il d’un ton enjoué.
À ce moment, cinq serveurs entrèrent dans la pièce. Les quatre premiers disposèrent les plats sur la table et le dernier alla porter une assiette pleine de viande fraîche à Kristanelle. Le repas fut plutôt enjoué, mon père parlait avec Lurichiel, j’avais un grande conversation avec ma mère et Perrychiel. J’étais contente, ça se déroulait bien et personne ne s’était chicané cette fois si -enfin, pas encore.
Lorsque nous eûmes tous fini notre dessert mon père s’adressa à ma mère:
-Annahira, nous pourions lui donné tout de suite, non?
-Pourquoi Kerechiel? demanda-t-elle.
-Et bien, j’ai très hâte de voir sa réaction, déclara-t-il, et ce soir, pendant la fête, tout nos invités pourront l’admirer aussi longtemps qu’ils le voudront, alors que si nous lui offrons notre cadeau à la fin de la soirée, pratiquement personne n’en profitera.
Ma mère réfléchit un instant, puis elle hocha légèrement la tête en signe d’approbation. Aussitôt, mon père claqua des doigts. Quelques secondes plus tard, une servante entra dans la pièce avec un coussin bourgogne sur lequel reposaient quatre boîtes en argent de différentes grandeurs. Mon père pris la plus petite et me la tendit. Je la pris en le remerciant. J’ouvris la boîte sans gêne pour apercevoir une magnifique bague en or sertie d’une grosse pierre verte.
J’entrouvris la bouche, passai la bague à mon annulaire droit et tendit la main pour admirer le ravissant bijou.
-Tiens.
Mon père me tendait une seconde boîte, légèrement plus grosse cette fois si. Je la pris et soulevai le couvercle tranquillement. À l’intérieur se trouvait un magnifique bracelet, en or lui aussi, en forme de serpent. Il y avait plusieurs petit diamants sur le corps du lézard, mais on remarquait tout de suite ses yeux, du même vert que la pierre qui se trouvait sur la bague.

J’étais estomaquée, il était sublime. Je le fis glisser sur mon bras gauche jusqu’au milieu de mon avant-bras, la tête du serpent pointant vers mes doigts.
Perrychiel affichait un petit sourire moqueur en me regardant et mon père devait avoir le plus grand sourire qu’un homme puisse faire. Ma mère et Lurichiel avaient plutôt l’air indifférent, mais ma mère avait toujours cette allure, donc je ne m’en faisait pas.
On me tendait une autre boîte, à peine plus grande que la précédente. Je tendis les mains pour m’en emparer. J’enlevai les splendides boucles d’oreilles qui s’y trouvaient. Elles représentaient une sorte de fleur, avec plusieurs diamant et une petite pierre verte au milieu de la fleur.

J’entrepris alors de les accrocher à mes oreilles. La servante plaça un petit miroir devant moi afin que je n’aie pas à me lever. Tout allait magnifiquement bien ensemble. Je regardai mon père, il mettait déjà l’autre boîtier sous mon nez.
-Voilà la pièce de résistance, me dit-il avec un grand sourire.
C’était la plus grande des boîtes. Ce devait être un collier. En soulevant le couvercle en argent, je découvris effectivement un collier, mais il n’avait pas l’air d’être assortit avec les autres bijoux. Il n’y avait aucun diamant, les pierres étaient de toute sorte de couleur, il était tout de même en or.

Je regardai mon père en asseyant d’avoir un point d’interrogation d’affiché dans le front.
Il me regarda et déclara:
-Je sais qu’il n’est pas comme les autres, Assahira chérie, mais il va bien aller avec toutes tes toilettes et tu peux quand même le porter avec ceux que tu as en ce moment.
J’approuvai et demandai à Perrychiel de l’attacher dans mon cou. Je remerciai le plus chaleureusement possible mes parents en leur promettant de les porter durant la fête qui aurait lieu durant la soirée pour souligner mon passage dans la vie de femme.

Un peu plus tard, durant l’après-midi, Perrychiel vint me trouver à la bibliothèque.
-Assah? dit-il d’une petite voix, Tu veux venir avec moi faire de l’équitation?
Je me retournai vivement.
-Mais voyons Perry! Je suis en robe et je suis prête pour la soirée, je ne veux pas recommencer tout ce travail.
-Tu pourrais seulement m’accompagner et me regarder?
Je le regardai avec un petit sourire.
-D’accord! Si tu insistes, mais j’apporte mon livre!

Quelque minute plus tard, je me dirigeais vers l’écurie avec mon frère pour aller lui chercher un cheval. J’avais seulement changé de soulier, je portais maintenant des bottes. Perrychiel ressortit avec un grand étalon noir. Il grimpa dessus sans difficulté. Il me regarda et me tendit la main.
-Je le savais bien que tu me ferais monter avec toi! dis-je avec un petit sourire en coin.
Il me sourit et m’aida à m’installer en amazone devant lui.
Nous empruntâmes un sentier qui partait vers le bois qui se trouvait derrière le palais. En réalité, j’avais vraiment envie de faire du cheval. Nous parlâmes de plusieurs choses, du fait que Lurichiel devenait de plus en plus hautain jusqu’au nombre d’orangers qui se trouvaient dans le verger.
Alors que j’éclatais de rire après une très bonne imitation de Lurichiel faite par Perrychiel, celui-ci lâcha les rennes et devînt tout mou. Je tournai la tête vers lui, j’eus à peine le temps d’apercevoir son regard vide avant de ressentir une douleur dans la nuque et de tomber dans l’inconscience.
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ERAGON53
Tres bon posteur


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MessageSujet: Re: Les bijoux de la royauté   Lun 23 Juil - 15:59

Bon début , j'atend la suite .
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Isilia
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MessageSujet: Re: Les bijoux de la royauté   Lun 30 Juil - 6:12

Walà! pour mon seul et unique lecteur, je poste la suite, le chapitre 2


Chapitre 2
Mystère et boule de Tèraiss


Je sentis quelque chose de doux sous mes doigts. Je fis glisser ma main, la douceur se prolongeait. J’ouvris un œil, puis l’autre. J’avais un affreux mal de tête. J’aperçus la crinière d’un cheval, elle était beige. Je tournai tranquillement la tête vers la droite, j’étais dans la forêt et la nuit était entrain de s’installer. Je réussis tout de même à distinguer une silhouette plutôt féminine sur le cheval qui se dressait près du mien, je ne voyais pas son visage qui était dissimulé sous un capuchon noir. La femme dirigea son regard vers moi pour m’observer, puis, en regardant au-dessus de moi, elle parla. Je ne compris pas un mot de ce quelle raconta, en plus, sa bouche était cachée derrière un morceaux de tissus. Aussitôt, mon cheval accéléra, je fus obligée de me cramponner à la touffe de poils qui se trouvait devant moi. Je fermai les yeux, j’avais l’impression de moins souffrir en faisant cela. Après m’être assurée que je ne tomberais pas, je m’endormis, je n’avais pas l’envie ni la force de me demander où j’étais.

Quelques minutes plus tard, enfin, c’est ce qu’il me semblait, je reçus quelque chose de dur sur la main. Je me réveillai d’un coup. Tout de suite, une douleur fulgurante me traversa le crâne: mon mal de tête était toujours aussi insupportable.
-Mange, me dit une voix masculine.
Je regardai autour de moi, il faisait nuit noire, mais je pouvais voir grâce au petit feu de camp qui se trouvait devant moi. Derrière les flammes, un homme et une femme en capes me regardaient, ils échangèrent quelques mots incompréhensibles. Le plus grand des deux -l’homme- se leva et se dirigea vers moi. J’avais l’impression de l’avoir déjà croisé quelque part. Ses cheveux étaient courts et d’un noir profond, tirant sur le bleu. Il me regarda dans les yeux et m’aida à m’asseoir dans l’herbe et les feuilles mortes. Je resserrai ma couverture autour de moi, la nuit était froide et le feu ne me serait d’aucune aide. Un bois s’étendait derrière la femme, qui était restée assise. Un mur de pierre, un seul, prenait place dans mon dos et nous protégeait du vent. L’homme me fixait toujours de ses yeux bleus, il me tendit un objet qui semblait dur et qui sentait atrocement mauvais.
-Mange, tu te sentiras mieux, me dit-il d’une voix douce.
Je lançai un regard dégoûté vers la « nourriture » qu’il me montrait.
-N’aie pas peur, c’est pour ton mal de tête, ajouta-t-il avec un petit sourire au visage en me tendant une gourde d’eau, tu peux faire passer ça avec un peu de liquide.
Je jetai un regard perplexe au bout informe qui se trouvait sous mon nez, je n’avais toujours pas envie de le manger et je n’avais pas confiance en ces étrangers. Alors, je tendis la main pour prendre ce qu’il me tendait, il me le donna avec un grand sourire. Je lui renvoyai son sourire et lui lançai l’objet froid et dur au visage.
-Je ne mangerai certainement pas quelque chose d’infect que des étrangers miteux me tendent en me disant que ça apaisera mon mal de tête, qui plus est, a été provoqué par je ne sais quelle atrocité que vous avez pu me faire!
La femme se leva, elle s’approcha et se mit à me déballer un charabia incompréhensible, mais en entendant son ton furieux, il était facile de deviner que ce n’était pas pour me souhaiter un prompt rétablissement. Je pus enfin voir son visage. Elle avait les même yeux bleus et les même cheveux noirs que l’homme, mais en beaucoup plus long. Son visage fin ne donnait pas du tout l’impression qu’elle était une femme comme les autres, mais ce qui la distinguait de toute autre femme était ses lèvres, elles étaient bleues, le même bleu ciel que ses yeux.
L’homme se releva –j’avais lancé fort- et cria un seul mot à sa compagne, celle-ci se tut aussitôt. Elle me lança un dernier regard empli de haine et retourna s’asseoir.
-Bien, il faut pardonner ma collègue, elle n’aime pas que je me fasse maltraiter, me dit-il d’une voix douce.
-Où somme-nous? demandai-je de ma voix la plus autoritaire. Et pourquoi a-t-elle les lèvres bleues?
-Nous sommes de l’autre côté de la forêt qui se trouve derrière le palais -ton palais- et ses lèvres sont bleues depuis sa naissance.
Je le dévisageai, il savait que j’étais la princesse. Je me regardai, j’avais effectivement l’allure d’une princesse avec tout ces bijoux et cette robe luxueuse.
-Et pourquoi suis-je avec vous?
-Nous t’avons enlevée, me répondit-il d’un ton tout naturel comme si c’était normal et correct de kidnapper des membres de la famille royale.
-Ha! Je vois, et vous pensez que je vais me laisser faire? m’exclamais-je
L’homme eu un petit rire, ce qui me mis encore plus en colère.
-Oui, nous avons besoin de toi et nous te garderons de force jusqu’à ce que tu acceptes de ton plein gré de nous aider, mais j’espère encore que nous n’aurons pas à te ligoter.
-Et qu’avez-vous fait de Perrychiel? demandai-je en me rappelant soudain de la dernière fois que je l’avais vu.
-Oh oui, je ne t’ai pas expliqué comment ça c’est déroulé. Je te surveillais depuis un bon moment déjà, je faisais semblant d’être intéressé par certains objets qui se trouvaient dans le palais pour avoir un œil sur toi.
J’étais bouche bée, ils m’espionnaient! Alors, je me souvins d’un détail, ce matin là, un jeune homme au cheveux noirs parlait avec le majordome. C’était lui!
Je le regardai avec de grands yeux
-C’est vous qui parliez avec le majordome ce matin?!
Il m’adressa un merveilleux sourire.
-Je vois que tu es attentive aux détails, j’espère ne pas t’avoir choquée, si je ne t’ai pas regardée longtemps, c’est parce que je ne voulais pas attirer ton attention, mais je m’aperçois que ça n’a pas fonctionné. Maintenant, tu veux bien mangé cela? me demanda-t-il en me remettant la boule froide dans la main.
-Qu’est-ce que c’est?
-Hum…Ce serait mieux que tu le manges avant de savoir qu’est-ce que c’est…mais ne t’inquiète pas, c’est le seul remède efficace contre ton mal de tête et ça procure beaucoup de vitamines! ajouta-t-il en hâte devant l’expression apeurée que je venais de prendre.
-Mouais d’accord, mais donne-moi l’eau…s’il-te-plait, dis-je d’une voix plus aigu qu’à l’habitude.
Je croquai dans la masse obscure. Je fus surprise par la saveur, ça ne goûtait pas du tout ce que ça sentait, le goût ressemblait à celui du bœuf avec un relent de rose. Je me bouchai le nez pour ne pas avoir à endurer l’odeur infeste, j’avais vraiment très faim et je ne voyais pas d’autre nourriture alors je devrais me contenter de ce que les étrangers me donnaient. Après s’être assurer que je mangerais tout, l’homme déclara :
-Je m’appelle Lonian et voici Verelia.
Il pointa la femme, qui était restée assise à nous regarder parler sans intervenir à nouveau. Je hochai la tête, avala ma boucher et dis à mon tour :
-Moi, je suis Assah
-…hira, finit Lonian.
Je l’observai un instant et déclara :
-Je vous prierais de ne pas m’appeler Assahira et de seulement dire Assah, et vous n’avez toujours pas répondu à ma question!
-Laquelle? demanda-t-il avec une expression étonnée.
-Qu’est-il arrivé à Perrychiel?
-Ah oui!! s’exclama-t-il, nous te surveillions depuis un bon moment, l’occasion était trop belle pour te laissé repartir alors que tu étais seule avec ton frère en pleine forêt…alors, nous avons attendu que vous soyez le plus près possible du cœur de la forêt afin que l’on ne nous repaire pas.
-Très ingénieux…marmonnais-je
Ne m’ayant pas entendu, Lonian continua :
-En plus avec nos trois chevaux…Dès le moment ou vous étiez facilement atteignables, Verelia vous a fait sombrer dans l’inconscience.
-Quoi?! Comment a-t-elle put faire cela sans que nous la voyions, c’est à peine si j’ai eu mal sur le moment! Elle ne peut pas nous avoir frappé!! Et en plus, cet atroce mal de tête que j’avais lorsque je me suis réveillée n’est sûrement pas arrivé par magie!
-Non, ce n’est pas par magie que nous t’avons récupérée, me dit-il avec son éternel sourire. Nous avons une arme, de petites fléchettes, qui est enduit d’un liquide qui, dès le moment où il rencontre le sang, fait effet et plonge la personne dans une inconscience totale durant quatre heures. Lorsque cette personne se réveille, elle est accablée d’un mal de tête insoutenable qui ne s’en va seulement dix heures plus tard.
Je le regardai avec effarement. Jamais je n’avais entendu parler de poison capable de provoqué cet effet.
-Alors pourquoi mon mal de tête est partit? demandai-je en m’imaginant déjà les pires alternatives: ils n’avaient pas pris la bonne fléchette et j’avais attrapé une maladie mortelle incurable et pire encore…
-Tout simplement parce que tu as manger du Tèraiss…
-Comment ça?? Je n’ai jamais mangé de Tèraiss, et en plus, je ne sais même pas ce que c’est! criais-je, furax.
-Le Tèraiss est de la viande de kirax bouilli dans de l’eau de mer mélangée à de l’urine de zigar. Une fois cuit, le tout est broyé dans des pétales de roses et de vanille, puis séché au soleil. Voilà ce que tu viens d’ingurgiter ma chère, finit-il d’un ton enjoué.
J’eus envie de vomir. De l’urine de zigar! Quoi de plus dégoûtant?
Lonian se tourna vers Verelia et lui parla pendant quelques temps, puis celle-ci éclata de rire. C’était envoûtant, j’avais envie de m’esclaffer avec elle, mais je me résignai, peut-être était-ce de moi qu’elle riait…Alors, je m’interrogeai sur le pourquoi de ce langage aux sons gutturaux, je ne l’avais jamais entendu. Je ne connaissais qu’une langue, et c’était celle que j’utilisais. Je savais que les gens qui habitaient les montagnes du Nord ne s’exprimaient pas de la même façon que nous, mais je n’en avais jamais été témoin. Je m’inquiétai, peut-être étaient-ils venus me chercher pour faire du chantage à ma famille afin de s’approprier le territoire qu’ils convoitaient depuis si longtemps et qu’ils n’avaient jamais réussi à acquérir par la force. Il était de notoriété public que les gens du Nord enviaient depuis des décennies le royaume d’Aribia, celui même que mon père gouvernait depuis trente-six ans.
-Qui êtes-vous? m’emportais-je, D’où venez-vous? Pourquoi êtes-vous venus m’enlevée? Que ferez vous de moi?
Les deux autres se retournèrent vers moi et me dévisagèrent. Je m’étais levée et j’avais l’intention de sauté sur un cheval pour retourner chez moi dès que quelque chose me semblerait suspect.
-Heu, et bien nous avons besoin de toi et de ton br…commença Lonian.
-Vous avez besoin de moi?! C’est pour faire chanter mon père afin de mettre la main sur le trône, oui! Je m’en vais, je ne vous laisserez pas vous servir de moi comme si je n’étais rien, je suis la princesse et je vous ferai arrêter pour attentat envers la famille royale!
Sur ce, je me dirigeai vers le cheval le plus proche en relevant mes jupons afin de ne pas trébucher et de garder ma dignité pendant ma fuite. Il faisait nuit, mais je ne voulais pas resté plus longtemps avec des conspirateurs et des traîtres à la couronne! Malgré ma détermination, je n’atteignis jamais le cheval à la crinière beige qui m’avait porté durant une bonne partie de la journée. Lonian et Verelia s’étaient levés et me bloquaient le chemin devant et derrière moi. J’affrontai Lonian du regard un instant, puis je lui assena une gifle monumentale à la joue gauche.
Sans prévenir, Verelia, qui s’était placée derrière moi, s’empara de mes poignets, les tourna dans mon dos et me plaqua au sol sans douceur. Je poussai un gémissement, puis je luttai pour me relever, mais la femme s’était assise au bas de ma colonne et ses pieds, posés sur mes genoux, les maintenaient contre le sol. Lonian cria quelque chose dans sa langue. Sa compagne, qui se trouvait toujours sur moi et qui n’éprouvait aucune misère à me contrôler, enleva une de ses mains -sa poigne n’en était pas diminuer pour autant- et tendit son bras libre vers les airs pour s’emparer de la corde que Lonian venait de lui lancer. Je ne su jamais comment elle en fut capable sans me lâcher une seule fois, mais en moins de temps pour le dire, mes pieds et mes mains se sont retrouvés ligotés.
Verelia se redressa avec grâce et rejoignit Lonian, qui était resté en retrait. Il s’approcha à son tour, me regarda et me dit, avec une pointe de déception dans la voix:
-J’espérais ne pas en arriver là, mais tu ne nous en laisse pas le choix. Dors maintenant, demain nous partirons tôt.
Je gisais sur le sol parmis les feuilles mortes, avec l’allure d’un ver de terre qui se trémousse pour essayer d’échapper à la pluie.
-Vous pourriez peut-être me changer de place si vous voulez que je dorme!
À ses mots, Lonian me jeta sur son épaule et alla m’allongea sur une fourrure moelleuse près du petit feu. Il me recouvrit d’une épaisse couverture, rajouta du bois dans les braises et alla s’étendre à son tour près de Verelia qui était restée assise, sûrement pour monter la garde.
Elle avait rabattu son capuchon sur sa tête, mais je pouvais toujours distinguer ses yeux bleus. Elle me fixait avec une expression de mépris profond. Je lui jetai un dernier regard empli de haine et je me retournai difficilement, dos à eux. Pendant un long moment, en fixant le mur de pierre, je songeai à une façon de m’échapper, mais je savais très bien que je ne pouvais pas faire grand chose ligotées comme je l’étais. Après m’être résolue à attendre le lendemain pour essayer de me sauver, je pensai à mon frère, Perrychiel. Je m’inquiétais de son sort, avait-il pu regagner le château avant la nuit ou était-il resté sur place, incapable de bouger en raison de son mal de tête? Après avoir réfléchi pendant un temps incalculable, je m’endormis, en souhaitant de toute mes forces de me réveiller dans mon lit, Kristanelle couchée à mes pieds.
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MessageSujet: Re: Les bijoux de la royauté   Lun 30 Juil - 6:13

Sans savoir pourquoi, je me réveillai en sursaut. Le soleil ne s’était pas encore levé, une épaisse brume m’empêchait de voir loin. Assise sur la fourrure, je remontai ma couverture sur mes épaules pour me protéger du froid.
Lonian me regardait avec une expression bizarre, Verelia était couchée sur le côté, je ne pouvais pas distinguer son visage, seule une mèche de cheveux s’échappait de son capuchon.
J’avais toujours les poignets et les chevilles attachés. Le feu n’était plus qu’un tas de cendre froide. Les quelques feuilles colorées qui combattaient encore l’hiver proche étaient ternes, sans éclats. Lonian se pencha et tapota légèrement l’épaule de sa compagne. Elle se réveilla tout de suite, passa sa main dans ses cheveux et dit quelque chose à l’adresse de son compère. Verelia s’empara d’un sac de cuir, fouilla un instant dedans et en ressortit quelque chose qui ressemblait à du fromage et une miche de pain à l’allure douteuse. Elle les sépara en trois, en donna à Lonian, puis se leva, s’approcha de moi et me tendit ma part ainsi qu’une petite gourde d’eau qu’elle avait sortit d’une poche intérieure. J’avais extrêmement faim, j’engloutis tout très rapidement, tellement que mes kidnappeurs n’avaient pas terminer lorsque j’eus fini mon frugal repas.
Après avoir attendu un moment, je parlai pour la première fois de la journée:
-Serait-ce trop vous demander de m’enlever ces liens?
-Oui, fit Lonian d’un ton dur.
-Pourquoi? demandai-je de la même manière.
-Parce que nous ne voulons pas que tu essayes de t’échapper à nouveau.
Je me renfrognai, l’endroit où se trouvait les liens de mes poignet était devenu irrité par le frottement des cordes. Lonian et Verelia commencèrent à ranger les couvertures, les peaux et les autres objets dans des sacs tout en parlant dans leur langue que je n’arrivais pas à comprendre. Moi, je restais assise, m’emmitouflant dans ma douillette pour me protéger de l’humidité toujours présente.
Lonian s’approcha de moi, il me tendit une main, je la pris de mes deux mains et il me tira contre lui. Son regard se posa sur mon bracelet en forme de serpent que j’arborais toujours à mon avant-bras gauche. Il lâcha mes mains, aussitôt, je perdis l’équilibre et tombai contre lui.
-Quand même! Vous pourriez faire attention! Je suis ligotée moi! Je ne suis pas capable de me tenir droite à cause de cette cochonnerie! lui criai-je au visage, alors qu’il m’avait relevée et me maintenait devant lui.
-Mouais…dit-il en me jetant sur son épaule.
Je lachai une exclamation de surprise, ne m’attendant pas du tout à me faire balancer comme cela. Il m’assit sur le cheval beige que j’avais monté la veille, il me détacha les pieds et me fit signe de m’installer comme un homme. Après m’être débattu avec ma robe afin d’être confortablement placée, Lonian attacha mes bottes d’équitation aux étriers de cuir.
-C’est une chance que tu ne sois pas en souliers à talon, gloussa-t-il avant de délier mes poignets.
-Pourquoi les détacher? demandai-je, surprise par son action.
-Parce que tes pieds sont attachés aux étriers, alors tu ne pourras pas descendre du cheval sans notre bon vouloir et si tu essais de défaire les liens, nous te verrons bien avant que tu ne t’aies libéré un pied. Et ton cheval sera attaché au mien, donc tu ne pourras pas t’enfuir avec ta monture.
Je le regardai dans les yeux, une lueur d’amusement y brillait. Il noua le bout d’une longue corde à un anneau de la bride de mon cheval et attacha l’autre extrémité à sa selle. Il sauta sur son étalon gris et me fit signe de faire avancer mon cheval jusqu’à lui, je m’arrêtai à sa droite.
-Au fait, ton cheval, c’est une jument, elle s’appelle Soraya. Prends-en bien soin.
Il s’adressa à Verelia, qui vint se placer de l’autre côté de moi. Je jurais étrangement avec mes ravisseurs: j’étais affublée d’une somptueuse robe brodée de magnifiques motifs en or, tandis qu’ils étaient tout de noir vêtu et portaient des capes de la même couleur. Mes cheveux blonds s’éparpillaient dans le vent, alors que leurs chevelures sombres semblaient imperturbables.
Lorsque nous mîmes les chevaux en route, le Soleil commençait à se lever derrière nous. Je soupirai, une longue journée s’amorçait pour moi.


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MessageSujet: Re: Les bijoux de la royauté   Lun 30 Juil - 17:31

Excelent , magnifique !!! J'atend la suite avec impacience !!!
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MessageSujet: Re: Les bijoux de la royauté   Jeu 16 Aoû - 4:52

parce que je te n'aime, je mets la suite Wink

Chapitre 3
Question
(tu verras le concept au prochain chapitre Razz )

Le vent sifflait à mes oreilles, la première partie de la journée avait passé sans que nous parlions, même si nous essayions, les rafales empêchaient nos voix d’atteindre l’oreille d’autrui. Parfois, Lonian et Verelia s’approchaient et échangeaient quelques mots, mais ce n’était jamais une grande conversation, puis se replaçaient hâtivement à leur place.
Nous longeâmes la forêt de feuillus durant tout l’avant-midi, lorsque nous nous sommes arrêtés pour manger, nous pouvions distinguer la plaine qui s’étendait à l’horizon. Le soleil avait peine à traverser les épais nuages qui ne s’étaient pas dispersés depuis tout ce temps. Il faisait froid et j’enviais les capes de mes ravisseurs, aussi sales fussent-elles.
Lorsque Lonian se dirigea vers moi pour détacher mes pieds des étriers, il remarqua que j’étais parcourue de frissons incessants et que je remuais difficilement les doigts.
-Nous n’avons pas d’autre cape, mais je te prêterai la mienne et nous t’en achèterons une demain, lorsque nous rencontrerons notre premier village. Si nous continuons à cette allure, nous devrions l’atteindre lorsque le soleil sera à nouveau au zénith, dit-il d’une voix chaleureuse en me tendant les mains pour m’aider à descendre de ma monture.
M’appuyant sur lui, je mis pied à terre, le sol s’affaissait sous mon poids et le vent soufflait toujours aussi violemment. Sans attendre, il m’empoigna une main et la lia à l’autre, mais cette fois-ci, je pouvais bougé assez librement, car Lonian avait créé une sorte de menotte en corde. Je pouvais éloigner mes mains à environ deux pieds l’une de l’autre. Ne semblant pas vouloir me ligoter plus solidement, il passa sa cape sur mes épaules et commença à décharger Soraya, ma nouvelle jument. Verelia avait déjà fini de débarrasser le sien et commençait à déficeler les paquet du dernier cheval, elle portait des gants en cuir noir qui lui permettaient de saisir et faire glisser les gosses cordes sans qu’une écharde s’incruste dans ses doigts.
Sans m’occuper d’aider Lonian, je levai les yeux au ciel pour observer le soleil, étant au plus haut, je ne pouvais m’y fier pour m’orienter. Je savais que nous nous dirigions vers l’ouest depuis le matin, car les faibles lueur du soleil qui réussissaient à traverser le voile de brume se trouvaient invariablement dans notre dos. Malgré cela, je savais quel chemin prendre pour retourner chez moi : je n’aurais qu’à longer la forêt jusqu’au mur de pierre, puis la traverser en ligne droite en direction du nord.
-Nous mangerons vite pour repartir le plus tôt possible, s’exclama Lonian après avoir solidement attaché tout les chevaux, se qui me tira de ma rêverie.
Il s’adressa à Verelia d’une voix douce. Celle-ci se dirigea immédiatement vers la forêt avec deux petits couteaux à la main.
-Que va-t-elle faire? demandai-je, intriguée par les armes qu’elle tenait à la main avant de s’enfoncer dans la forêt.
-Chasser le lièvre, dit-il d’un ton compréhensif et patient, et nous, nous allons chercher du bois pour le feu, viens.
-Pourquoi devrais-je y aller?
-Parce que ce sera moins long et que je ne vais certainement pas te laisser seule ici, fit-il, un peu surpris.
-Mouais, d’accord, marmonnais-je.
Nous nous avançâmes jusqu’aux arbres : les chênes, les bouleaux et les quelques frênes semblaient morts, à peine quelques feuilles rougeâtre s’accrochaient toujours aux branches.
-Fais attention de ne pas égratigner ton bracelet, dit-il en le fixant.
Il avait l’air hypnotisé par le bijoux en or. Je le regardai à mon tour : les yeux verts semblaient briller comme s’ils étaient exposés au soleil après une forte pluie, mais l’or était plus terne et sale que jamais. Apeurée et quelque peu gênée par le regard de Lonian, je posai la main sur le bracelet et relevai la tête. Lonian avait tendu le bras vers mon avant-bras, mais il s’était arrêter au milieu de son geste, à présent, il clignait des yeux avec une expression d’incompréhension.
-Allons, il faut rapporter du bois pour le feu, lui rappelais-je d’une petite voix.
Lonian se retourna et commença à ramasser les quelques branches mortes qui gisaient par terre en faisant son possible pour resté dos à moi. De mon côté, je soulevai mon premier jupon en une sorte de poche et j’y empilai les bouts de bois que je trouvais sur le sol. Après quelques minutes de silence oppressant, je me relevai, mon dos courbaturé me faisait souffrir et j’éprouvais de la difficulté à remuer les doigts en raison du froid.
M’entendant m’étirer, Lonian se redressa à son tour, les bras chargés de petites branches, et me fit signe de le suivre jusqu’au campement. Faisant attention de ne pas perdre de bois, je lui emboîtai le pas. Dès que nous fûmes arrivés, Lonian se pencha au-dessus du rond de caillou qu’il venait de mettre en place et entreprit de faire un feu.
Je regardai autour de moi : aucun signe de la revenue de Verelia, les chevaux étaient attachés à l’arbre le plus proches et Lonian leur faisait dos.
-Heu…besoin naturel…je peux? demandai-je d’une voix qui se voulait timide.
-ehemm, dit-il sans conviction, trop occupé à faire prendre son maigre feu.
Sans perdre un instant, je me dirigeai vers les chevaux, ils dormaient tranquillement, appuyés les uns contre les autres. Je levai les bras vers la branche pour commencer à défaire les nœuds, ils étaient très simples et je n’eûs aucune peine à m’emparer de la corde de Soraya et de la tirer un peu à l’écart. Je jetais fréquemment des regard apeurés à Lonian, craignant qu’il me remarque avant que je sois à une bonne distance : il soufflait énergiquement sur le tas de branches et d’herbe.
Fort heureusement, ils ne s’étaient pas donné la peine de débarrasser les chevaux de leur selle. En faisant le moins de bruit possible, je montai lentement sur le cheval, non sans difficulté. Ma grosse robe mal placée, je fis tourner la bête vers l’endroit d’où nous arrivions. Je fis avancer le cheval de quelques pas, mais m’apercevant que cela faisait trop de bruit pour rien, je lançai mon cheval au galop. Aussitôt, Lonian se leva, me regarda à peine quelques secondes, puis s’élança pour monter un cheval.
Je me penchais le plus possible sur l’encolure de ma monture afin d’aller à la plus grande vitesse que la bête pouvait atteindre, le vent fouettait mon visage avec violence. Après un bref moment, j’entendis un autre bruit de sabots derrière moi, je ne pris pas le temps de me retourner : je savais qu’il s’agissait de Lonian qui me poursuivait. Je fis tourner brusquement ma jument vers la forêt, j’avais l’intention de distancer Lonian en faisant de nombreux détours, mais malheureusement, les arbres étaient nus, on pouvait distinguer un cheval jusqu’à très loin dans la forêt. Mes cheveux et ma robe virevoltaient dans le vent, s’accrochant parfois à des branches basses. L’adrénaline coulait dans mes veines comme l’eau dans une rivière, j’étais effrayée car je sentais la respiration de mon cheval s’accélérer rapidement et il tirait nerveusement sur la bride. Je marmonnais de nombreux encouragements inutiles à l’oreille de la jument pour essayer de me redonner espoir plus que pour la faire avancer plus vite.
Après quelques minutes qui me parurent bien longues, Lonian se retrouva à ma hauteur, son cheval courait à toute allure en allant dans toutes les directions que son maître lui faisait prendre. Celui-ci me fixait avec une expression indéchiffrable, je ne pouvais savoir si c’était de l’amusement, de la lassitude ou du chagrin que l’on pouvait y lire. Je le fixais à mon tour, sans m’occuper de diriger ma monture qui s’affaiblissait à vue d’œil. J’avais arboré un air de défis, mais en voyant son petit sourire en coin, je changeai complètement d’attitude, j’étais sidérée, il semblait trouver ma fuite amusante!
Toujours en me fixant, il leva le bras droit et lança la corde en forme de lasso qu’il tenait par la main au cou de ma jument. Elle se cabra, je lachai un cri d’effroi retentissant et je me retrouvai sur le sol, parmis les feuilles mortes. Je reculai en toute hâte en me traînant sur le sol pour ne pas me faire piétiner par le cheval en furie. En voyant Lonian se débattre avec la bête, je me levai et je pris mes jambes à mon cou. Après quelques secondes, alors que je m’efforçais avec peine à soutenir mes nombreux jupons, un sifflement strident retentit derrière moi. Sur le coup de la surprise, je fis volte-face. Je pouvais voir Lonian, assis sur son cheval, le dos droit et le menton relevé vers la cime des arbres.
Le son s’arrêta après cinq secondes, durant lesquels j’étais restée figée sur place, la bouche entrouverte et les yeux écarquillés. Je n’avais jamais entendu quelqu’un faire un son aussi aigu et puissant, c’était à glacer le sang.
Lonian laissa retomber son menton sur son torse, m’observa avec un sourire aux lèvres et finit par me faire un clin d’œil moqueur. Reprenant mes esprits, je tournai les talons et repris ma course folle parmis les arbres. Après quelque minutes, lorsque je commençais à reprendre espoir grâce à l’absence du bruit caractéristique que fait les sabots d’un cheval, Verelia apparue devant moi. Elle jeta ses deux couteaux et son unique lièvre par terre d’un geste brusque et indigné. Un cri de surprise s’échappa de ma bouche et j’arrêtai brusquement ma course, deux mètre devant la femme aux lèvres mystérieusement bleues ciel.
Nous restâmes un moment l’une en face de l’autre à se fixer, son expression était impassible et je devais avoir l’air d’une enfant qui se fait prendre la main dans le pot à biscuits.
Je baissai les yeux vers ses couteaux, un d’un était rouge de sang et l’autre brillait de mille feux. Devinant mes intentions, Verelia n’attendit pas plus longtemps : elle franchit la distance qui nous séparait en une seule enjambé. Elle avait allongé le bras gauche et je reçus de plein fouet la paume gantée sur le front. Je tombai à la renverse, Verelia se plaça au-dessus de moi, les jambes écartées au niveau de mes hanches. Elle me regarda d’un air dégoutté, je n’osais pas bouger : je ne pouvais plus rien faire face à cette femme si impressionnante qui me dominait de toute sa hauteur. Avec une expression de mépris profond, elle cracha un mot qui ressemblait à « astah! » d’un ton dédaigneux. Puis elle se pencha et me retourna sur le ventre sans ménagement. Elle fit comme la soirée précédente : elle s’assit sur mes reins, m’attacha les poignets plus solidement que l’avait fait Lonian auparavant et se retourna afin de lier mes chevilles ensemble avec une corde qu’elle sortit de sous sa cape.
Elle m’étendit sur le dos, puis elle renversa la tête. À nouveau, le sifflement strident à en fendre les tympans retentit. Après quelques secondes, elle se releva et fixa le lointain. J’essayai de tourner la tête vers l’endroit qu’elle regardait, malgré toutes les contorsions que j’effectuai, je ne fus pas capable de diriger mon regard sur ce qu’elle semblait trouver très intéressant. Après plusieurs minute que je passai à essayer de défaire mes liens –tentative qui s’avéra complètement inutile-, un bruit de sabots se fis entendre. Je détournai mon regard de mes poignets et j’aperçus enfin ce que Verelia fixait depuis un moment : Lonian s’approchait sur son cheval, le mien suivant de près.
Il regarda sa compagne qui n’avait pas bougé, ses couteaux et son lièvre resté par terre, puis il posa son regard sur le mien. Je le soutins pendant un moment, puis il devint si perçant et accusateur que je détournai la tête.
Il sauta à terre et se dirigea vers moi. Je n’osais plus croiser son regard. Il me jeta sur son épaule, je ne protestai pas malgré la brusquerie avec laquelle il m’avait hissée contre son cou musculeux. Retournant prêt des chevaux, il commença à parler à Verelia d’une voix douce et persuasive. Une fois de plus, je ne comprenais pas ce qu’il lui racontait. Il finit sa phrase au moment où il me déposait sur Soraya.
Le jeune homme se détourna de moi, j’était étendue sur le ventre, perpendiculaire à la bête, les mains et les pieds ballants de chaque côté du cheval.
Verelia répondit d’un ton cassant et sans réplique :
-Kerj!
Lonian la dévisagea un moment, puis il recommença d’une voix lente et appuyée à parler. Elle le regardait d’un air déterminé et le fixait droit dans les yeux. Ses lèvres bleues étaient crispées et il y avait dans ses yeux une sorte d’impuissance qui devait sûrement se justifiée par les paroles de son interlocuteur.
Il continua à parler pendant un long moment, on pouvait clairement voir l’expression de Verelia changée: sa détermination fondait et elle s’attendrissait à vue d’œil. Je ne pus m’empêcher de remarquer à quel point elle était ravissante, sa bouche colorée lui donnait un aspect mystérieux que l’on retrouvait rarement chez les nobles, sa chevelure noir contrastait étonnement avec sa peau blême, mais cela lui donnait un charme incontestable.
Lorsque Lonian mit un terme à son long discours, la femme la regarda avec un instant et finit par baisser la tête, puis elle marmonna quelques mots incompréhensibles. Elle alla récupérer ses couteaux et sa maigre prise, puis nous tourna le dos, sûrement afin de nous procurer un repas qui nous rassasierait tous.
Lonian riva son regard sur le sol et se passa la main droite dans les cheveux, jusqu’à la nuque. C’est avec curiosité que je découvris, passée à son majeur, un anneau en or, simple, mais d’un forme que je n’avais jamais vu. Au lieu d’être un rond parfait, la bague formait une pointe qui se dirigeait vers sa main.

Il fit retomber mollement son bras le long de son corps et fit volte-face. Je restai bouche-bée : il affichait un large sourire qui laissait voir toutes ses dents magnifiquement blanches.
-Bien, allons-y! dit-il d’un ton joyeux et plein d’entrain.
Il s’avança vers moi et m’aida à me placer en amazone sur le cheval, puis il enfourcha le sien tout en tenant la bride du mien. Il fit marcher les chevaux, je me cramponnai à la crinière soyeuse pour rester en selle : il était très difficile de se tenir avec les poignets et les chevilles ligotés.
-Tu sais que tu aurais pu blesser gravement Soraya? Dit-il après quelques minutes.
-Heu…je…marmonnais-je.
-Oui, elle a eu une blessure aux pattes avants, et elle ne peut plus courir longtemps, elle s’épuise à cause de la douleur que ça lui provoque, répondit-il d’une voix légèrement accusatrice.
-Ah bon…et je devrais être désolée je suppose?
-Non, tu ne le savais pas, je voudrais simplement que tu ne recommences pas à essayer de te sauver, ce qui, d’ailleurs, n’avait aucune chance de réussite.
-Ouais…
Nous continuâmes ainsi un bon moment, le silence étant revenu sur nous. Lonian continuait à sourire bêtement et moi, je me morfondais à savoir si je finirais par me séparer d’eux.
Arrivés au campement, Lonian poussa un juron : le feu s’était éteint. J’eus un petit sourire, au moins ma fuite avait eu un impact!
Il descendit de sa monture et attrapa ses pierres à feu, puis il commença à les frotter énergiquement au-dessus des brindilles encore fumantes. Après quelques minutes, une flamme apparut, Lonian se releva et se frotta les mains pour se débarrasser de la poussière qui y était collée.
-Bon, maintenant, tu peux venir me chercher?! dis-je, un quelque peu blessée dans mon amour-propre de voir que son feu semblait plus important que moi.
Il se retourna et me considéra un moment, le front plissé, puis il me fit à nouveau un grand sourire.
-Non, je te laisse là, répondit-il d’un ton enjoué, à moins, bien sûr, que tu ne te jettes par terre…de toute façon, je ne t’aiderais pas à te relever. Je t’assoirai sur ta couverture lorsque nous aurons terminer de parler.
-Non, mais vraiment…marmonnais-je éberluée, et de quoi veux-tu parler?
-De ta présence parmis nous, bien sûr.

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Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: Les bijoux de la royauté   Dim 19 Aoû - 19:58

Super continu , ses excelent , je ne veux que la suite !!
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Isilia
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MessageSujet: Re: Les bijoux de la royauté   Lun 27 Aoû - 7:21

Il y a beaucoup de dialogue dans ce chapitre, mais on apprend beaucoup de choses!

Chapitre 4
Réponses


-oh…
-Voilà, c’est de cela que je parlais avec Verelia dans la forêt. Elle aurait préféré qu’on ne t’en parle pas, mais je crois que nous ne réussirons pas à te persuader de rester avec nous si tu ne sais pas pourquoi tu es là. N’est-ce pas? demanda-t-il.
-Bof…
Il alla s’asseoir sur sa couverture, face à moi, et recommença à parler. Heureusement, le vent était tombé, il faisait toujours froid, mais nous pouvions parler sans crier.
-Bon, que veux tu savoir en premier?
-D’où venez-vous? dis-je tout de suite.
-D’accord, nous arrivons du Sud, de l’autre côté du fleuve que vous appelez « d’Alakys ».
Cette région avait toujours été très peu peuplée, on disait qu’il y avait quelques villages sur la rive du cours d’eau, mais le reste était occupé par une forêt complètement sauvage. Personne de sensé ne voulait habiter là-bas, seulement les fermiers profitait de la terre fertile qu’y s’y trouvait, nul autre n’avait d’intérêt à se construire dans cette partie du royaume.
-Pourquoi parlez-vous ce language?
-Parce que nous avons été élevés ainsi, tout simplement.
-Mais pourquoi Verelia ne parle-t-elle pas la langue commune? demandai-je, intriguée.
Il ne répondit pas tout de suite, il semblait réfléchir intensément, puis il finit par parler d’une voix désolée :
-Parce qu’elle n’a pas pu l’apprendre. Nous étions très éloignés des autres personnes, j’ai été désigné pour être intermédiaire. C’était toujours moi qui partait vers les autres villages pour acheter des choses ou en vendre. Comme cela, j’ai appris à utiliser ton langage.
-Tu dis que vous étiez éloignés, mais vous étiez combien? Une famille? Un village complet?
-Il y a une centaine de personnes au village…enfin, lorsque nous sommes partis il y en avait autant, dit-il avec un sourire triste.
J’attendis un moment avant de recommencer, je savais que les conditions de vies étaient difficiles dans ce coin, en plus, ils avaient l’air d’avoir souffert de leur longue réclusion.
-Vous avez quittés les vôtres depuis combien de temps? demandai-je d’une voix radoucie.
Il eu un petit rire nerveux et commença à se frotter les mains ensemble, comme pour se réchauffer, mais le feu était trop éloigné pour que ce soit cela. Je remarquai alors qu’il ne portait plus la grosse bague en or que j’avais aperçue quelques minutes plus tôt à son majeur droit.
-Nous sommes partis depuis plus de deux mois déjà, répondit-il d’une voix hachée et nostalgique. Nous sommes partis parce que le frère jumeau de Verelia n’est jamais revenu de la chasse. Nous avons retrouvé un de ses gants aux abords de la forêt avec un mots. Il n’était sûrement pas écrit par lui parce que c’était dans ta langue.
-Et que disait-il? m’exclamai-je, surprise d’apprendre que Verelia avait un frère, jumeau en plus. Je n’avais pas à poser cette question, il me répondait déjà.
-Qu’il avait été kidnappé par les gens du village le plus près. Nous savions qu’ils avaient peur de lui car ses lèvres étaient de la même couleur que celles de sa sœur. Nous nous y rendîmes, Verelia et moi. J’était le seul à bien parler leur langage et à pouvoir argumenter, Verelia avait absolument tenu à venir, même si elle savait qu’elle risquait beaucoup.
Il s’interrompit brusquement et se passa la main sur le visage, ce qui me fit me rappeler que j’avais une autre question à lui poser. Il se cacha le visage pendant un long moment, comme s’il avait honte ou peur de me dire quelque chose. Il baissa la main et releva la tête.
-Leur sœur aînée nous a accompagné, je ne voulais pas car je croyais que ce serait plus difficile de passer inaperçus, mais elle a insister et j’ai finit par céder à son exigence, continua-t-il d’une voix nouée, nous partîmes avec quelques vivres vers ce village. Arrivés à destination, Verelia et sa sœur, Cierèle, restèrent loin des premières maisons pendant que je cherchais dans la petite place public où se trouvait la demeure du chef. Une poissonnière finit par m’indiquer une maison, la plus grande du village. J’ai rencontré le chef et je l’ai questionné à propos d’un nouveau prisonnier. Il m’expliqua clairement qu’il l’avait vendu à un groupe de petits hommes d’environ cinquante ans. Ils ne mesuraient qu’environ un mètre de haut et n’avaient jamais enlevé leur capuchon, d’après les dires du chef. Avant que je prenne congé, ce dernier m’indiqua que les étrangers avaient emprunté la route du pont.
Il prit une pause, fixant le sol jonché de feuilles mortes. N’ayant pas voulu bouger durant son discours, j’en profitai pour essayer de me mettre à l’aise sur la selle de ma monture. Empêtrée dans ma robe de bal verte, cette tentative s’avéra vaine.
-Je rejoignis Verelia et sa sœur où elles se trouvaient lorsque je les avaient quittées. Elles parlaient d’une voix animée, mais s’interrompirent dès qu’elles me virent. Je leur expliquai la situation et nous nous accordâmes pour atteindre le pont puis les suivre à la trace. Nous traversâmes le fleuve sur un petit pont de bois, puis nous les filâmes pendant plusieurs jours, qui se transformèrent rapidement en semaines. Apparemment, ils avaient cinq chevaux, aucun homme ne marchait. Nous en conclûmes que Nerekè – le frère jumeau de Verelia- avaient quatre ou cinq assaillants et qu’ils l’avaient ligoté, car il aurait facilement pu se débarrasser d’une petite troupe de vieillards. Après deux semaines de cavale à travers forêts et plaines, nous parvînmes à distinguer d’immenses montagnes qui semblaient toucher le ciel.
-Les Montagnes du Nord! m’exclamais-je, vous êtes allés là?! Vous êtes allés là, alors que vous étiez seulement trois?
Lonian ne répondit pas, il avait relevé la tête et regardait dans la forêt. Je me retournai et j’aperçus Verelia qui portait trois lièvres et ses couteaux ensanglantés. Lonian se leva et alla récupérer les animaux morts. Il les empoignât par les oreilles et retourna près du tas de bois, il en retira trois longues branches; deux fourchu et une complètement droite. Apparemment, elles avaient été choisies avec soin pour la cuisson des petites bêtes. Il s’empara de ceux-ci et commença à leur enlever la fourrure et à les vider. Verelia, de son côté, essuya ses lames avec un tissus noir et dénicha un petit pot dans un sac, contenant de la graisse pour les lièvres. Elle se rapprocha du feu et planta les branches fourchues dans le sol, déterminant ainsi le diamètre du cercle de pierre. Elle remit du bois dans le feu et embrocha le premier lièvre que Lonian lui tendait. En continuant de dépecer les lièvres, il continua son histoire:
-Et oui, nous y sommes allé, dit-il, nous avons continuer à les suivre dans les montagnes, sans grande difficulté. Nous finîmes par tomber sur une maison délabrée, elle semblait abandonnée depuis longtemps. Nous y entrâmes pour y passer la nuit. À l’intérieur, par contre, nous vîmes une jeune femme flanquée de cinq hommes en armure. Elle n’était pas vraiment belle car elle semblait exténuée et ses traits étaient déformés par une joie sauvage. Je crois bien qui si ça n’avait pas été dans de telles circonstances, elle aurait été relativement jolie.
« Elle nous fit entrer d’un bonsoir exagérément chaleureux. J’entrai malgré mon inquiétude, Verelia et Cierèle sur mes talons. Elle m’expliqua clairement qu’elle désirait ardemment acquérir un bijou et que si nous le lui apportions, elle libérerait Nerekè. Il était aussi inutile de revenir avec des renforts : ils le tueraient sans attendre. Elle fit signe à un de ses hommes, qui s’empressa de pousser un homme ligoté et cagoulé devant nous. Comme tu peux le deviner, il s’agissait du frère jumeau de Verelia, Nerekè. J’expliquai la situation à Verelia et, étant donné que nous étions épuisés et que face à cinq guerriers, aussi vieux fussent-ils, nous n’étions pas de taille à les affronter au combat. Nous acceptâmes, faute d’un autre plan.
« Elle fouilla dans ses jupons et en retira un bracelet. Le bijou faux et terni était la réplique exacte de celui que tu portes au bras gauche en ce moment.
Ma mâchoire tomba à ces mots. Ils voulaient seulement mon bracelet pour sauver le frère de Verelia. Alors pourquoi ne pas l’avoir volé au bijoutier avant que mon père ne l’achète? Pourquoi m’impliquer dans quelque chose qui ne me concerne aucunement? Ne pensant plus à mon équilibre, je glissai de ma monture et je me retrouvai face contre terre. En me voyant, Lonian éclata de rire, rapidement imité par Verelia. Malgré mon embarras, je ne pus m’empêcher un sourire amusé.
Me voyant commencer à me débattre, Lonian se leva et vint m’aider à m’asseoir par terre.
-Voilà, elle veut que nous lui ramenions ton bracelet et un autre collier, en forme de serpent lui aussi, déclara-t-il. Elle n’a pas expliqué pourquoi elle y tenait tant, mais elle nous a bien fait comprendre que c’était la seule façon de récupérer Nerekè. L’étrangère conclut en disant que ce devait être la propriétaire du bracelet qui vienne lui porter les bijoux. Elle n’approfondit pas plus sa requête et nous renvoya. Pendant le voyage de retour, nous avons été attaqués par un Zigar, pendant la nuit (sa gorge se noua). Il s’agissait d’un mâle -d’un très gros mâle-, bien entendu, il était seul. Cierèle montait la garde et elle a commencé à se battre contre lui, toute seule, avec un simple couteau de chasse, comme ceux de Verelia. Le tapage nous réveilla…
Sa voix se perdit un instant, ses yeux, sans émotions apparentes, étaient rivés vers les lièvres qui cuisaient lentement. Il regarda pensivement Verelia, qui semblait tourmentée par je ne sais quoi. Il se retourna à nouveau vers moi.
-Elle reçut un violant coup de patte au-dessus de sa hanche droite, elle tomba par terre et la bête sauta sur elle avant que nous ayons pu la détournée. Verelia lui décocha quelques flèches, ce qui le fit s’écrouler sur sa récente victime. Nous nous précipitâmes pour la dégagée de sur Cierèle, nous y parvînmes difficilement après quelques efforts.
« Le côté de son ventre était complètement ensanglanté et déchiré, le monstre c’était attaqué à son épaule droite lorsqu’elle s’était retrouvée par terre. Son bras était entièrement déchiqueté et son coude faisait un angle anormal. Elle mourut dans nos bras.
-Oh! Je suis désolée…
Je ne trouvais plus rien à dire, je ne connaissais pas cette femme, alors je ne pouvais pas vraiment la regretter ou lui faire des éloges. La tête baissée, Lonian adressa quelques mots à Verelia. Apparemment, ce n’était pas très joyeux car elle étouffa un sanglot. Cela m’étonnais de sa part, mais en y repensant, je me dis que c’était sa sœur et qu’elle devait se sentir coupable de sa mort. J’attendit un moment puis Lonian recommença à parler.
-Nous l’avons enterrée et nous nous sommes dirigé vers la capitale du royaume : Alagir. Nous nous somme dit que les chances étaient très grandes qu’un bracelet d’une telle valeur se trouve là où les bijoutiers affluaient. J’ai inspecté pratiquement tout les bijoutiers de la ville et j’ai fini par le trouver, heureusement, il n’était pas encore vendu. Je me suis proposé pour travailler dans la boutique, c’était une femme qui la dirigeait et je n’eus aucun mal à la convaincre. Après vingt jours, un homme richement vêtu vint et déclara qu’il cherchait des parures pour l’anniversaire futur de la princesse. Je saisis l’occasion et je lui recommandai fortement d’acheter le bracelet. Lui déclarant que plusieurs femmes le voulaient mais ne pouvaient se l’offrir, il l’acheta ainsi que tout les bijoux que tu portes en ce moment. Je déclarai alors à ma patronne que je devais quitter la ville car des membres de ma famille et tombés malades. Elle accepta sans broncher.
« J’informai Verelia de mes découverte et je retournai en ville pour savoir ton anniversaire était quel jour. Ce ne fut pas difficile parce que tout le monde savait que ton père préparait une fête pour ta majorité. Il me restait une semaine pour te connaître et savoir comment nous pourrions t’attraper. Nous avions penser t’enlever le lendemain de ton anniversaire, lorsque tu sortirais avec ton félin. La chance nous souris car ton père décida de t’offrir ton cadeau plus tôt dans la journée. Lorsque je te vis près de l’écurie avec ton frère et le bracelet, je rejoins Verelia dans la forêt et nous nous préparâmes au moment où vous passeriez devant nous. Et ses comme ça que nous t’avons fais prisonnière.
-Vous ne m’avez toujours pas dit ce qui est arrivé à Perry après cela, fis-je remarquer.
-Ah oui, nous avons attaché le cheval à un arbre et nous avons étendu ton frère par terre, près de sa monture. Lorsqu’il s’est réveillé, quatre heures plus tard, soit il s’est tout de suite mit en selle, malgré le mal de tête qui l’a sûrement assailli, soit il a attendu que cela passe et il est revenu pendant la nuit au château.
« Il a sûrement informé tes parents de ce qui est arrivé, mais il ne nous a pas vu et ta famille croira sûrement que ton enlèvement est pour une rançon ou pour te torturer afin d’avoir des informations sur le royaume.
« Voilà! Tu sais pourquoi tu es là, avec nous. Nous allons à Tarlos pour t’acheter de nouveaux vêtements et des provisions. Nous vendrons tes autres bijoux et le cuir de Zigar que nous avons retiré de celui que nous avons tué. Puis nous partiront vers la mer, à l’ouest, pour se rendre à Yiranstas. Là-bas, nous trouverons le collier que nous devons nous procurer, puis nous nous rendrons dans les montagnes du nord pour récupérer Nerekè.
Il affichait maintenant un sourire incomparable, même Perrychiel ne pouvait rivaliser contre lui. Il tendit la main pour tourner les lièvres sur la broche et une questions me revint soudainement en tête.
-Pourquoi n’as-tu plus l’anneau que tu portais tout à l’heure? demandai-je, intriguée.
-Quoi? Ah oui, mon anneau, dit-il, portant la main à son doigt. Il doit être tombé, j’irai le cherchai dans la forêt après le repas. D’ailleurs, c’est près à être mangé!
J’avais affreusement faim alors j’arrêtai de me poser des questions. Les lièvres s’avérèrent juteux et très savoureux. Il n’y avait apparemment pas d’ustensiles, alors je me contentai de mes doigts et de mes dents pour engloutir la viande succulente. Pendant que Verelia et Lonian étaient en grande conversation, mes yeux vagabondèrent de la forêt jusqu’au ciel pour finalement s’arrêter sur les chevaux qui somnolaient. Une lumière s’alluma dans mon esprit, Soraya, la jument que j’utilisais, avait dû être la monture de Cierèle, la sœur aînée de Verelia.

À la fin du repas, Lonian se retira dans la forêt pendant que Verelia et moi chargions les chevaux. J ‘entrepris de retirer mes bijoux pour les mettre dans une sacoche, afin qu’ils soient à l’abris et qu’ils ne me dérangent pas. Lorsque Verelia me vis mettre la main sur le bracelet, elle m’arrêta d’un geste et dit :
-Non.
Elle hochait légèrement la tête de droite à gauche et me regardait avec intensité. Je savais qu’elle était consciente de ce qu’elle avait dit et qu’elle le pensait vraiment. Je retirai ma main et elle aprouva d’un hochement de tête.
Lonian revint avec son anneau dans la main. Il fixait intensément Verelia et leva son bijou pour s’assurer que nous l’avions vu. Sachant qu’il était inutile de m’opposer à notre voyage pour le moment, j’enfourchai la jument beige qui m’était consacrée. Les nuages s’étaient légèrement dispersés et le soleil apparaissaient fréquemment.

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MessageSujet: Re: Les bijoux de la royauté   Lun 27 Aoû - 17:37

Génial met vite la suite !!
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Isilia
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MessageSujet: Re: Les bijoux de la royauté   Lun 1 Oct - 2:40

Je sais que ça a été long, mais j'ai pas oublié!


Chapitre 5
Tarlos



-Assah? Ça va?
Je me retournai vivement dans ma couche, Lonian était penché au-dessus de moi et me regardait avec une expression inquiète sur le visage. J’affichais de grands yeux effrayés et je tremblais, mon corps tout en sueur.
Lonian avait très certainement deviné que je sortais d’un cauchemar horrible, mais il ne savait pas qu’il s’agissait de ce rêve. Le rêve. Celui qui m’avait hanté durant toute mon adolescence, celui qui se finissait par une sinistre phrase, celle que je redoutais le plus.
Il s’était déroulé exactement de la même manière que la fois précédente, à une seule différence : je n’avais pas douze ans, mais dix-huit, mon âge actuel.
Je me baignais avec mes deux frères aînés dans le lac qui bordait la ville, à l’est. Un envoyé de notre père venait nous prévenir, ainsi que notre nounou, que le roi nous requérait pour le repas du soir. Nous soupirions tous grandement, déçus de voir ce moment de joie se terminer. Je quittais subtilement mes aînés pour m’enfoncer dans la forêt luxuriante bordant le grand lac. Je cueillais des fleurs en oubliant ma famille et le repas, grignotant quelques framboises et mûres au passage. La brume s’installait d’un coup, au même moment où le soleil jetait ses derniers rayons sur les feuilles des arbres grandioses. La noirceur devenait totale, trop rapidement pour un jour d’été. La peur m’étouffait aussi sûrement que le froid s’emparait de tout mon être. Je frissonnais énormément, je regardais tout autour de moi dans l’espoir d’apercevoir une lumière ou une personne qui serait en capacité de me réconforter.
Après quelques minutes d’errance, une lueur apparaissait au loin. Je courais vers cette source lumineuse qui me consolait énormément dans la noirceur oppressante des lieux. Je freinais ma course folle à seulement un mètre de l’homme encapuchonné. Il tenait une simple bougie à la main, je discernais ses lèvres pincées et le bout de son nez fin, mais ses yeux étaient cachés à ma vue. J’ouvrais la bouche pour le remercier et l’implorer de me reconduire chez moi, mais il m’interrompait en levant sa main libre, puis il prenait la parole :

Tu as un futur, mais…



Ma frayeur chuta considérablement lorsque j’ouvris les yeux à ce moment et que je découvris le beau visage de Lonian.

-Ça va? Répéta-t-il.
-O…oui, bégayais-je, me rendant compte que le rêve était fini et que je me retrouvais à nouveau dans la réalité.
J’étais allongée de travers sur mes couvertures et ma robe me collait à la peau. Lorsque j’aperçus la cape qui était attachée à mon cou, je poussai un cri de terreur et je commençai à me débattre frénétiquement en gémissant et en griffant le tissus. Lonian me pris les épaules et m’imposa délicatement le silence et le calme. J’éclatai en sanglots incontrôlables, me jetant dans les bras de Lonian comme une gamine dans ceux de sa mère. Je pleurais sur mon ancienne vie que je ne retrouverais peut-être pas, sur mon sort, sur le fait que mon pire souvenir avait refait surface en moi, sur tout ce qui m’arrivait à ce moment. Lonian me caressa tendrement les cheveux en me chuchotant des paroles réconfortantes, je ne les comprenais pas, mais je lui en était très reconnaissante. Je continuai à pleurer pendant plusieurs minutes, jusqu’à ce que Lonian me redresse, m’obligeant à le regarder dans les yeux.
-Tu n’as pas à t’inquiéter, nous ne voulons pas te faire de mal, murmura-t-il.
J’étouffai un sanglot et je hochai légèrement la tête en signe de compréhension. Immédiatement, je me suis demandé pourquoi j’avais acquiescé si rapidement, je ne les connaissais pas et je n’avais aucune raison valable de les croire, ils m’avaient raconté des choses qui pouvaient simplement sortir de leur imagination pour me berner. Mais dans mon for intérieur, j’éprouvais une confiance presque aveugle envers ces étrangers, particulièrement Lonian. Je ne pouvais m’empêcher de croire à l’histoire qu’ils m’avaient présentée.
Mon regard se posa sur l’anneau en or qu’il portait toujours au doigt. Il l’observa également un moment avant de retirer ses mains de sur mes bras encore tremblants.
-Je t’avertirai lorsqu’il sera temps de manger, conclut-il en se retournant pour aller réveiller Verelia.
Je me demandais pourquoi elle ne l’avait pas déjà fait avec tout le bruit que j’avais provoqué, mais je ne m’en souciai pas plus.
Je me suis lentement essuyé les yeux avant de me mettre en position assise. Je remontai les genoux devant moi et j’enfouis mon visage dans les replis de mes jupons en me tenant la tête de mes bras. J’entendis vaguement Lonian discuter avec Verelia et un feu qui crépitait.
Il ne restait plus qu’une demi-journée de cheval à faire pour atteindre Tarlos. Nous nous étions arrêtés dans un bosquet d’arbres pour dormir. Je n’avais pas beaucoup parlé, Lonian et Verelia semblaient toujours en grande conversation. J’aurais bien aimé savoir de quoi ils traitaient, mais leur langue m’en empêchait.
Lonian m’appela, je me levai en m’étirant avant de les rejoindre au bord du feu.
Nous mangeâmes un frugal repas composé uniquement de pain et de quelques baies sauvages. Nous montâmes en silence sur nos chevaux, revigorés par leur nuit et nous quittâmes les lieux, toujours en direction de l’est. Sur la petite route de terre, nous rencontrâmes quelques voyageurs en selle ou en charrette. Ils écarquillaient tous les yeux en me voyant, la bouche ouverte la plupart du temps. Une fois, nous croisâmes une petite famille. Une fillette se jeta sur sa mère en criant :
-Maman, maman! Regarde la dame! On dirait une princesse avec ses esclaves! Tu as vu?
La mère la fit taire d’un geste de la main, elle nous regarda avec un air désolé avant de se retourner.
J’eus un petit sourire gêné et je n’osai plus croiser le regard de Lonian, embarrassée par la situation. Lorsque nous fûmes plus loin, Lonian m’expliqua qu’il en était ravi, car cela permettait de détourner l’attention des gens du visage de Verelia. J’acquiesçai dans un grand soupir, soulagée.
Quelque peu avant midi, nous aperçûmes la fumé qui s’échappait des premières maisons de Tarlos. Verelia fit tourner sa monture. Sans me poser de questions, je quittai la route également.
-Assah, tu viens avec moi, déclara Lonian.
Je me retournai, il s’était arrêté et me regardait.
-Verelia ne vient pas car ça pourrait devenir dangereux, reprit-il, allez, viens.
Je hochai la tête en signe d’accord et je le rejoignis.
-Ne parle pas s’il y a un garde, tiens-toi la tête basse et essaie d’avoir une expression timide et coupable.
-Compris, répondis-je en faisant ce qu’il me disait.
Comme de fait, un homme en armure se tenait à l’entrée du village, une lance à la main. Il semblait s’ennuyer et se demander ce qu’il faisait là. Je me dis qu’il avait raison d’afficher cette mine, peut de voyageurs passaient par-là et le village était trop petit pour qu’on prenne le temps de le piller.
-Que venez-vous faire ici? Qui est-elle? demanda le garde.
-Je la ramène chez elle, ma cousine avait volé cette robe pour la revendre à Alagir et avoir de quoi subsister avant de se trouver un travail.
Je baissai encore plus la tête, espérant qu’il serait convaincu.
-Mouais, assurez-vous qu’elle ne recommence pas son petit tour, marmonna-t-il avant de dégager la route pour nous laisser passer.
Nous remîmes les chevaux au pas, Lonian tourna à la première rue que nous croisâmes. Les habitations étaient toutes simples, en bois, avec deux ou trois trous en guise de fenêtres et une porte, également en bois, qui ne semblait pas bien solide. Plusieurs enfants habillés pauvrement et la plupart du temps, seulement en pantalon crasseux, couraient dans les rues, criant à qui mieux mieux ou fuyant leurs parents par crainte d’une punition quelconque. J’aperçus également deux chiens qui gambadaient près des enfants.
Quelques femmes parlaient entre elles, se rendant au marché. Elles étaient vêtues de robes simples, avec des couleurs ternes allant du beige au noir, en passant par le blanc. Certaines d’entre elles levèrent les yeux pour me dévisager un moment, mais elles finissaient par hausser les épaules et recommencer leur conversation.
J’étais ébahie, c’était la première fois que je me retrouvais dans un village campagnard. Lorsque je sortais de l’enceinte du château, c’était pour faire une randonnée à cheval dans la forêt ou pour assister à des réceptions dans les quartiers riches de la ville. Je ne m’étais jamais vraiment rendue compte de ma richesse, de la différence de nos mode de vie. Je voyais le forgeron suer pour faire vivre sa famille, le boulanger crier à son employer qu’il ne faisait pas son travail de la bonne façon et les femmes qui lavaient les quelques vêtements qu’ils possédaient dans la rivière qui séparait le village en deux.
Pour moi, leur vie se composait uniquement d’interminables baignades, de nombreux festins familiaux bruyants et enjoués, de courses dans les champs avec les enfants, en bref, d’une liberté totale et épanouissante.
Je me trompais.
Seul les plus jeunes enfants s’amusaient, les adultes travaillaient, aidés par leurs adolescents. Des éclats de rire nous arrivaient de temps à autre, mais la plupart des gens semblaient déjà las de leur corvée.
J’avais honte. Combien d’entre eux auraient volontiers accepté de subir toutes les soirées mondaines auxquelles j’assistais et les cours qu’on ne cessait de me donner pour avoir accès à toutes mes richesses?
La majorité, assurément.
Tarlos devait abriter environ huit cents personnes, sans compter les quelques fermes qui devaient se trouver plus loin dans la vallée.
Nous arrivâmes au marché, Lonian n’avait pas dit mot, il dirigeait son cheval la tête haute, sans expression. On pouvait y trouver plusieurs produits, il y avait une boucherie, un vendeur de fruits et de légumes (pommes, citrouilles, patates, courges, etc.), un apothicaire et nombre d’autres. Nous nous arrêtâmes devant un petit bijoutier. Il présentait plusieurs colliers en cuivre, des bracelets en bronze et il y avait quelques autres apparats en argent ou en or, quelques fois sertis de pierres plus ou moins précieuses.
Lonian descendit de sa monture pour se diriger vers la mienne. Il fouilla dans un des sacs et en retira les bijoux, protégés par des morceaux de tissus. Lorsque le bijoutier le vit se tourner vers son étalage, il arbora un grand sourire qui se voulait charmeur et honnête.
-Bonjour, brave homme, s’exclama celui-ci, que puis-je faire pour vous combler?
-Je viens pour vous vendre des bijoux, déclara-t-il d’un ton plutôt froid.
Le marchand, comprenant que son client n’était pas venu là pour fraterniser, prit un air plus professionnel. Malgré son expression légèrement offusquée, il resta poli et courtois avec Lonian.
-Bien, montrez-les moi, que je puisse vous faire une offre.
Lonian déposa les paquets sur la table et les ouvrit, laissant voir le collier, les boucles d’oreilles et la bague. À ce moment, une étincelle brilla dans les yeux du vendeur, n’ayant certainement pas souvent l’occasion d’acquérir tant de bijoux de prix.
Je n’ignorais pas qu’il était plus impressionné que je le fus lorsque mon père me les avait offert, mais on s’apercevait bien qu’il s’efforçait de maintenir le professionnalisme que son métier exigeait afin de calculer un prix d’achat.
Il fit mine de réfléchir pendant quelques secondes, les yeux rivés au ciel et la main sur le menton. Il ramena son regard à Lonian et sourit.
-Je vous propose cinquante-quatre kheris et quatre bakas, annonça-t-il.
Après un court instant, Lonian répondit :
-Non, ce n’est pas suffisant, j’en veux au moins soixante-dix.
Le vendeur en proposa soixante, Lonian exprima son mécontentement.
Je le comprenais, les bijoux valaient largement plus que soixante kheris.
Le marchand finit par les acheter à soixante-sept kheris et quatre bakas. Lonian récupéra les pièces de cuivre en silence et monta sur son cheval baie. Heureusement, nos chevaux ne semblaient pas déranger, il y avait quelques autres cavalier dans les rues.
J’étais habituée qu’on me regarde, mais en général, les gens étaient emplis d’admiration à mon égard, mais ici, on me dévisageait, ne connaissant pas mon ascendance royale. Ces yeux brouillés de curiosité me troublaient, je me sentais totalement étrangère et déplacée dans ce milieu.
Soudainement, le mal du pays m’envahit, je n’étais pourtant pas si loin de chez moi!
Perdue dans mes pensées, je ne fis pas arrêter ma jument lorsque Lonian immobilisa sa propre monture. Lorsque je fus à sa hauteur, il m’interpella d’une voix amusée. Je sortis des vapes aussitôt.
Un jeune garçon d’environ quinze ans se tenait maintenant devant nous, des paquets sous le bras. Il nous observa un après l’autre, le front et les yeux plissés. Cet examen dura pendant un bon moment, il finit par ouvrir la bouche, surpris, avant de déguerpir dans une ruelle.
Lonian secoua la tête, comme pour sortir de sa torpeur. Il se tourna vers moi, me regarda, éberlué, et finit pas hausser les épaules, voulant dire quelque chose du genre « bah…tant pis! ». J’en fis de même et nous descendîmes des chevaux.

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MessageSujet: Re: Les bijoux de la royauté   Lun 1 Oct - 2:42

Nous nous trouvions maintenant devant une charmante maison, au bout du marché, avec une simple enseigne où on pouvait lire « Chez Sakka ». Nous attachâmes les chevaux et entrâmes dans la petite boutique.
Il y avait un comptoir placé perpendiculairement à la porte d’entrée, derrière celui-ci, un battant donnait accès à une autre pièce. Celle dans laquelle nous nous trouvions était assez vaste, emplie de plusieurs chemises simples et de pantalons de différentes grandeurs. On pouvait également trouver des jupons et des bonnets, des corsets et des tabliers. Évidemment, nous étions dans la maison d’une couturière.
-Puis-je vous aider? demanda une voix chaude et pleine de bonté.
Une femme, âgée d’environ quarante ans, venait de franchir la porte derrière le comptoir. Ses longs cheveux bruns étaient ramenés vers le haut et maintenus par un large foulard en lin.
-Oui, nous cherchons des vêtements simples et qui passeront inaperçus pour mon amie ici présente.
-Mais bien sûr! Suivez-moi ma chère.
Elle sortit de derrière le comptoir pour se diriger vers le fond de la salle, je lui emboîtai le pas, Lonian resta près de l’entrée, observant les objets sur les étagères proches.
La femme me présenta quelques jupes et corsets, je finis par opter pour un jupon noir qui descendait à peine jusqu’aux genoux et une veste bleue comme un ciel de nuit.
La couturière m’invita à la suivre dans un coin de la pièce, elle tira un grand rideau devant nous.
-Je vous aide avec votre robe, précisa-t-elle.
J’acquiesçai sans un mot et je me retournai. Elle commença à défaire le laçage dans mon dos. Lorsqu’elle eut fini, elle passa la robe au-dessus de ma tête et la déposa précautionneusement sur un petit banc. Je me retrouvais maintenant la poitrine nue, portant toujours mes culottes bouffantes. J’enfilai la jupe noir, elle était un peu trop serrée aux hanches. J’enlevai mes culottes bouffantes, gardant mon plus simple dessous. J’étais à nouveau à l’aise et libre de mouvement.
La femme m’aida à passer les manches de la veste bleue. Elle s’attachait à l’avant, on devait passer une boucle autour d’un petit cercle de métal en forme de toupie. Il y en avait cinq, la veste était solidement attachée. Les manches couvraient tout le bras, jusqu’au coude.
Je portais toujours mes grandes bottes d’équitation et mon bracelet, qui jurait étrangement avec mon nouveau look.
-C’est un bien beau bijou que vous portez là! Aussi charmant que sa propriétaire, d’ailleurs…
Je relevai la tête.
-Merci beaucoup, c’est très gentil à vous, répondis-je.
La femme sourit, elle fit un vague geste de la main et me demanda si les vêtements me convenaient.
-Oui, parfaitement, déclarais-je.
-Bien!
Elle récupéra ma robe verte et sortit de derrière le rideau, je la suivis, marchant sur un bout de tissus blanc auquel je ne portai pas attention.
En me voyant arriver, Lonian eu un petit sourire et hocha légèrement la tête, en accord avec mon choix.
-Merci beaucoup madame, dit-il poliment, nous voudrions également acquérir une cape pour mon amie, je crois que la bourgogne là-bas fera l’affaire.
Nous nous retournâmes pour voir de quelle cape il parlait, elle était suspendue à un grand portemanteau en bois. La couturière alla la chercher et la déposa sur son comptoir.
-Voilà, est-ce tout? demanda-t-elle.
-Je prendrais aussi cette broche à cheveux, déclara Lonian, ce sera tout, merci.
-Très bon choix! s’exclama-t-elle, Cela fera dix-sept kheris et huit bakas, s’il vous plaît.
-Nous pensions échanger la robe verte, nous pourrions payer la différence.
-Mais bien entendu! Alors je vous demande seulement deux kheris, conclut-elle.
Lonian les lui tendit et s’empara de la cape et de la broche en bois et en cuir.
La femme nous remercia et repartit dans la seconde pièce de la maison. Nous sortîmes, rendus à l’extérieur, nous vîmes le même garçon de quinze ans que nous avions croisé un peu plus tôt. Il était assit par terre, adossé au mur du magasin de la couturière, il ne leva pas les yeux, observant attentivement un objet inconnu. Nous remontâmes sur nos chevaux et sortîmes du village.

Lorsque nous arrivâmes au bosquet de conifères où Verelia s’était cachée, nous pûmes constater qu’il bordait la même rivière qui sillonnait au travers de Tarlos. Lorsque nous découvrîmes Verelia, elle était complètement nue, calée jusqu’aux épaules dans l’eau de la rivière. Elle nous regardait, un sourire satisfait aux lèvres.
Elle échangea quelques mots avec Lonian après que je me sois éloignée, il finit par me rejoindre, également souriant.
-Nous en profiterons pour nous laver, m’expliqua-t-il, vas-y tout de suite, je préparerai le repas avec Verelia. J’irai après.
-Ah! Parfait! m’exclamais-je, ravie.
À mon tour, un grand sourire s’étirait sur mon visage.
Quand j’atteignis la rivière, Verelia était entrain de lacer ses bottes. Elle avait fait vite pour se rhabiller! Elle se releva, me fit un clin d’œil et me dépassa.
Je clignai des yeux plusieurs fois, je n’étais pas sûre de ce que j’avais vu. Je finis par hausser les épaules et je me dévêtis, ne m’inquiétant pas de me faire voir. Je trempai le bout de mon pied dans l’eau, elle était très froide, normal pendant l’automne.
J’avançai au centre de la rivière, l’eau atteignait mon nombril. Je n’avais pas de savon, mais j’étais bien contente de pouvoir me rafraîchir. Je m’assieds au fond de l’eau et je me rinçai les cheveux. Je pris une poignée de sable fin et je l’utilisai afin de les dégraisser.
Quand j’eus fini, je me laissai choir un bon moment au fond de l’eau, appréciant sa fraîcheur.
Je regardai mes vêtements, une serviette avait été déposée sur mes bottes. Je sortis de l’eau et allai m’en entourer. Je frissonnais, alors je me sèchai en vitesse et je commençai à m’habiller. Je découvris la broche à cheveux dans le fond d'une bottes, j'enroulai mes cheveux au-dessus de ma tête et je les fixai solidement.
Lorsque j’eus terminé, je rejoignis le petit camp, me taillant difficilement un chemin parmis les branches basses des conifères.
Lonian et Verelia étaient assis sur une couverture, côte à côte. Les cheveux de Verelia semblaient complètement secs, toujours aussi raides qu’auparavant, ça m’étonnais, mais ce n’était pas un sujet qui méritais une attention particulière.
-Nous n’aurons pas à acheter de nouveaux vivres avant Yiranstas, commença Lonian, nous pourrons partir après mon bain. Mange avec Verelia, je prendrai mon repas à cheval.
Je hochai la tête, sortis une couverture d’un sac et m’assieds par terre, près du feu.
La première neige ne tarderait pas à tomber, l’air s’était rafraîchit et le ciel couvert de nuages se faisait gris et menaçant.
Verelia et moi mangeâmes en silence. Je me rappelais les festins qu’on nous servait à tout les soirs au château, je les regrettais un peu, mais je m’habituais plus rapidement que je l’aurais cru aux repas de voyage.
Lorsque nous sortîmes du bosquet pour nous retrouver dans la prairie, nous fûmes secoués par le vent qui s’était brusquement levé.


voici une image représentant Assahira à la fin de ce chapitre:

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